Discours lu lors de la manifestation du 2 octobre

, par udfo24

Mesdames, Messieurs, chers Amis, chers Camarades,

Merci d’avoir répondu en nombre à l’appel de l’intersyndicale pour cette nouvelle journée de manifestations contre la réforme des retraites injuste et inacceptable imposée par le gouvernement.

Le bras de fer sur les retraites continue

Monsieur Sarkozy, messieurs les Députés et Sénateurs nous ne voulons pas de cette réforme.

La journée de grèves et de manifestations du 7 Septembre dernier contre le projet de loi sur les retraites a été un succès. Celle du 23 Septembre a accentué cette dynamique puisqu l’on a constaté un accroissement du nombre de manifestants dans les nombreux cortèges organisés sur l’ensemble du territoire.

Malgré cela, et sans surprise, le gouvernement continue de tenir un discours de fermeté, martelant un non ferme et tranquille à l’abandon du projet de régime sur les retraites, celui-ci le jugeant nécessaire et raisonnable, 70% des Français, eux, le jugeant inefficace et déraisonnable.

Alors devant le mépris affiché par le gouvernement qui ne tient pas compte du mécontentement grandissant des français nous devons réaffirmer haut et fort notre hostilité à ce projet et notre opposition à tout report de l’âge légal de départ à la retraite au-delà de 60 ans et à tout allongement de la durée de cotisations.

Monsieur Sarkozy il faut maintenant répondre aux millions de manifestants et notamment aux revendications clairement exprimées :

- pas d’allongement de la durée de cotisations,
- maintien du droit de départ à 60 ans,
- maintien de la retraite sans décote pour tous à 65 ans,
- défense du code des pensions et des régimes spéciaux,
- retraite calculée sur les 6 derniers mois dans le public et retour aux 10 meilleures années dans le privé.

Ce plan de réforme des retraites ne prend pas en compte l’intérêt des salariés français.
Il répond avant tout aux intérêts des marchés financiers et des agences de notation financières.
Il s’inscrit dans la stricte ligne de l’austérité et de la rigueur.

En clair, c’est aux salariés de payer le coût de la crise. Cela conduit à imposer de devoir travailler demain plus longtemps….bien entendu pour ceux qui auront un emploi !

En matière d’emploi des seniors, la France est le mauvais élève européen. Elle fait partie des pays classés en bas de l’échelle, tout juste devant la Hongrie, la Pologne et l’Italie. En 2009, le taux d’emploi des 55-64, c’est-à-dire le nombre de personnes en activité professionnelle était de 38,9%.

Monsieur Sarkozy quel sera le pourcentage des salariés actifs âgés de 60 à 67 ans dans les années 2020 ?

Plus d’un ouvrier sur trois de cette tranche d’âge est sans emploi. Qu’elle sera le montant de leur retraite ? …/… Entre les Revenus de Solidarité Active (RSA), l’Allocation Spéciale de Solidarité pour les chômeurs de longue durée, l’invalidité ou les congés pour longue maladie, personne ne sait véritablement chiffrer le nombre de salariés vieillissants qui sortiront du circuit pris en charge par Pôle Emploi et la Sécurité Sociale.

Autrement dit les économies réalisées au titre du régime d’Assurance Vieillesse seront prélevées sur le système de chômage et le budget de la Sécurité Sociale entraînant une baisse des allocations et prestations.

Le report de l’âge du droit au départ aura également de graves conséquences pour les femmes. 30% d’entre elles qui n’ont pas la durée de cotisations nécessaire sont obligées d’attendre l’âge de 65 ans pour partir actuellement en retraite sans décote puisque 65 ans est l’âge officiel du droit à taux plein. Demain, toutes celles concernées devront atteindre deux ans de plus, jusqu’à 67 ans.

Deux ans de plus de travail représentent plus d’un million d’emplois en moins pour les jeunes.

Là le slogan du gouvernement devient : « travailler plus pour ne pas gagner plus »

Les Français ne veulent pas de cette réforme injuste et inacceptable qui de plus n’assure pas la pérennité de notre système de retraite par répartition.

Nous refusons le projet actuel, nous réclamons son abandon et demandons une autre réforme axée sur le financement des retraites sans augmenter la durée de cotisations, en maintenant le droit de départ à 60 ans, le code des pensions et des régimes spéciaux.

La retraite n’est pas une question démographique, elle est avant tout un choix de société.
Assurer son financement pose clairement la question d’une meilleure répartition des richesses.
Il est évident qu’en faisant le choix d’un recul du bénéfice de la retraite, les pouvoirs publics entendent imposer une politique de restriction sociale.
Cela concerne celles et ceux qu’on appelle les seniors et toutes les générations qui n’ont par ailleurs aucune garantie d’avenir.

Des solutions existent, il appartient au gouvernement de les examiner avec les organisations syndicales.

Monsieur Sarkozy nous vous demandons d’abandonner ce projet néfaste et contraire aux intérêts des salariés de notre pays.
Ne faites pas la sourde oreille.
A défaut nous serons à nouveau dans la rue pour vous rappeler nos revendications le Mardi 12 octobre 2010 au cours d’une journée de grève interprofessionnelle et de manifestations.

Le combat continue, ensemble faisons reculer le gouvernement.

Merci à tous.