Le 7 septembre, plus de 10 000 manifestants ont défilé dans les rues de Périgueux, Bergerac et Sarlat pour le retrait du projet gouvernemental sur les retraites

, par udfo24

Le 23 septembre, plus fort, c’est possible !

Lire le tract intersyndical ->

Il y a longtemps que les gouvernements successifs essaient de résoudre, sans y parvenir, le problème des retraites.

La question est simple : Comment maintenir une retraite pleine et entière à 60 ans pour tous ?

Ce serait simple si une multitude d’intérêts divergents ne venait battre en brèche les assises mêmes de la protection sociale et des retraites basées jusqu’ici sur la solidarité inter-générations.

En 1993 : Offensive du gouvernement Balladur et du patronat. La durée de cotisations est passée de 37,5 à 40 annuités. Le calcul du salaire de référence servant de base à la retraite est passé de 10 au 25 meilleurs années. Le montant des retraites n’a plus été indexé sur les salaires mais sur les prix.

En 1994 et 1996, le Medef faisait subir aux retraites complémentaires du secteur privé une régression identique.

Au total les réformes de 1993 et 1994-1996 ont entraîné une diminution de 78% à 58% du salaire moyen des rémunérations du secteur privé qui prendra toute sa mesure de1996 à 2030.

Tous les effets des contre-réformes ne se sont donc pas encore fait sentir, loin de là.

En 2003 Fillion s’attaqua, après l’échec de Juppé en 1995, uniquement aux salariés de la fonction publique. Malgré les millions de manifestants et une lutte de près de 6 mois, la CFDT donnera son accord à Raffarin et à Fillon. Le mouvement syndical trahi par la CFDT perdit la bataille et se vit imposer les 40 annuités de cotisations.

En 2007 le gouvernement remettait cela et imposait les 40 annuités aux salariés des régimes spéciaux. Le traité de Lisbonne ratifié par le gouvernement Chirac-Jospin, prenait l’engagement de repousser de 5 ans l’âge de la retraite.

Aujourd’hui le gouvernement souhaite unifier les régimes de retraite et mettre en place un régime par points qui remplacerait celui de répartition avec augmentation de la durée de cotisations et report au-delà de 60 ans du droit au départ en retraite.

Pour Force Ouvrière, une réforme des retraites digne de ce nom doit garantir :
- le droit à la retraite à 60 ans,
- un taux de remplacement de haut niveau (75% du salaire moyen),
- une revalorisation des retraites indexées sur les salaires,
- la prise en compte de la pénibilité .....

Les salariés ne sont pas dupes. Force Ouvrière s’élève contre des formules qui n’ont d’autre but que de favoriser le Capital.

La question des retraites semble aujourd’hui d’une complexité infinie. En fait, elle se résume à quelque chose de bien simple. L’argent issu du travail financera-t-il les Caisses de Retraites de Salariés ou les revenus du Capital ?

Aujourd’hui, le patronat ne jure que par la compétitivité. Les Pouvoirs publics par le Libéralisme Economique. L’Etat, en unifiant les 2 régimes Public/Privé souhaite se désengager de son obligation de paiement des pensions civiles et militaires afin de créer un seul régime dit « universel ».

S’appuyant sur les vieillissements de la population et le déséquilibre prévisible entre Actifs et Inactifs, le Patronat et le Gouvernement n’ont de cesse d’affirmer que les retraites à la Française sont trop onéreuses pour le futur.

Très prudent dans l’annonce de ses intentions, le Gouvernement se dit favorable au dialogue social et à la concertation.

En fait il n’a pas atteint à ce jour un double objectif :
- le premier de bloquer le niveau des cotisations retraites,
- le deuxième de faire reculer suffisamment la retraite par répartition pour faire une place de choix au fonds de pension.

Le Gouvernement et le Medef veulent imposer un recul net des retraites par répartition pour que tous les salariés qui en ont les moyens n’aient pas d’autres solutions que de se tourner vers les fonds de pension individuels ou collectifs. Pour les autres il restera l’assistance et la majorité des retraités retrouveront comme avant la création des retraites par répartition l’aide aux « vieux » et aux « pauvres ».

Vivre mieux et plus longtemps. Est-ce un fléau pour nos retraites ?

Grâce aux progrès de la médecine et à la Sécurité Sociale, le pourcentage des personnes ayant dépassé l’âge de la retraite dans la population est amené à croître au cours des quarante prochaines années. En bref, au lieu des douze millions de personnes âgées que compte actuellement la France, il y aura 22 millions de seniors dans un demi siècle (5 millions de plus qu’en l’an 2000).

Cette situation démographique est-elle préoccupante au point d’en tirer des conclusions alarmistes sur l’équilibre de nos régimes de Retraites ? NON en aucune façon !

Il n’y a pas de fatalité démographique.

La France est un pays où le taux de fécondité est le plus important d’Europe.

Entre 2036 et 2040 arriveront à la retraite les classes « creuses » qui auront suivi le baby-boom. Le nombre de retraités diminuera alors brutalement.

En 2050 on compterait environ 69 personnes de 60 ans et plus pour 100 personnes de 20 à 59 ans.

Nous sommes très loin du scénario catastrophe dressé par le Gouvernement. Cela signifiera que la population en âge de travailler resterait stable.

La Répartition des richesses c’est quoi ?

Chaque année, la valeur ajoutée de l’activité des entreprises et des Administrations est considérable. Si l’on prend uniquement ce qu’on appelle les Sociétés non Financières qui contribuent pour 60% à la valeur ajoutée totale, on constate qu’en 1982 ; 72,5% de la Valeur Ajoutée allait à la rémunération des salariés et 25%, aux profits !

Depuis pour les salariés c’est la DEGRADATION DES REMUNERATIONS. Actuellement 64,7% vont aux salaires et 31,6% aux profits.

Pour l’ensemble de la période, ce sont ainsi 790 milliards d’euros qui ne sont pas allés aux salaires et par conséquent aux Régimes par Répartition....

Comment faire face aux déficits ?

Le chômage actuellement pèse très lourd dans les difficultés de financement des retraites. Le nombre de chômeurs réels comprenant les personnes travaillant à temps partiel ou qui ont un travail saisonnier s’élève à plus de 5 millions.

Il est évident que si ces chômeurs (partiels ou complets) avaient un emploi à temps plein et que les cotisations étaient versées en conséquence, les finances des régimes de retraites par répartition s’en porteraient mieux.

Jamais l’aspect de l’avenir économique de notre pays, dans le débat sur les retraites, n’a été évoqué ni examiné.

En 40 ans, la richesse de notre pays pourrait passer de 1700 milliards à 3400 milliards d’euros après neutralisation de l’inflation.

L’équilibre financier reste possible. Force Ouvrière a fait des propositions au gouvernement :
- augmentation d’un point de la masse salariale,
- augmentation d’un point de la cotisation vieillesse,
- assujettissement à cotisations de l’intéressement et de la participation,
- assujettissement à cotisations des cotisations des stock options, taxés uniquement aujourd’hui à 10%,
- exonérations des cotisations de sécurité sociale non compensées par l’Etat à hauteur de 2,5 milliards d’euros,( depuis 1991 ce sont plus de 36 milliards d’euros que l’Etat n’ a pas reversé à la Sécurité Sociale),

soit au total pour ces mesures une recette de plus de 13 milliards d’euros.

A ces dispositions, il pourrait être rajouté pour une fiscalité équitable :
- un impôt sur les bénéfices bancaires dus à la spéculation et aux transactions financières,
- l’abrogation concernant le bouclier fiscal et notamment la loi TEPA,
- taxation des entreprises qui délocalisent,
- taxation des entreprises qui licencient tout en réalisant des bénéfices.

A cela il convient de mettre en exergue la baisse des cotisations patronales de Sécurité Sociale de 1980 à 2008 et ses conséquences sur le financement des régimes de retraites par répartition :

Hors exonérations :
- de 34,62% à 30,38% soit une baisse de 4,24 points.

Avec exonérations au niveau du SMIC :
- De 1980 à 1993 : de 34,62% à 30,38% soit une baisse de 4,24 points.
- De 1993 à 2008 : de 30,38% à 4,38% soit une baisse de 26 points.

Soit une baisse de 30,24 points sur la période 1980/2008 !

Ces exonérations agissent comme une trappe à bas salaires. En 2009, plus de 2/3 des salariés à temps complet étaient rémunérés en dessous du salaire moyen équivalent à 1,95 fois le SMIC pour ouvrir droit aux exonérations patronales. (sources DADS, INSEE).

Du fait de ces dispositifs le coût horaire du travail au niveau du SMIC, n’a quasiment pas augmenté entre 1992 et 2008 !

Ainsi, en 2008 si les exonérations représentent 10,2% du total des cotisations dues aux URSSAF, rapportées aux seules cotisations patronales du secteur privé, leur part a atteint le niveau record de 20,9%. L’absence de compensation intégrale par l’Etat représente une perte chaque année d’1 milliard d’euros pour le régime vieillesse.

Par ailleurs, un certain nombre de déclarations politiques font état d’un rapprochement public/privé des régimes de retraites.

Force Ouvrière tient à réaffirmer son attachement au code des pensions civiles et militaires.

Vouloir aligner le calcul de la retraite des fonctionnaires sur les 25 meilleures années c’est avant tout diminuer le montant des pensions de 33% en moyenne.

Remettre en cause le code des pensions civiles et militaires de retraite c’est remettre en cause le statut général des fonctionnaires. Force Ouvrière ne l’acceptera pas.

Difficile de s’y retrouver entre les déclarations de Xavier Darcos, ministre du Travail, le forcing de Laurence Parisot sur le recul de l’âge de la retraite et le Grenelle des Retraites réclamé par la CFDT.

Force Ouvrière n’a jamais partagé les objectifs de ceux qui souhaitent s’inscrire dans une démarche du « big bang », qui conduirait à revisiter l’architecture de nos régimes et dont le but serait de mettre en oeuvre de nouvelles restrictions, qu’il s’agisse du montant des retraites, de l’augmentation de la durée d’assurance ou du recul de l’âge de la retraite.

Faut-il également préciser qu’un Grenelle des retraites aurait pour conséquence d’intégrer dans la réflexion des acteurs aussi divers que les associations, et tous ceux qui attendent, notamment banques et assurances, depuis des années le moment de pouvoir introduire un pilier supplémentaire en capitalisation.

La crise financière et économique, dans la période récente, a démontré la solidité de nos systèmes de retraite par répartition basés sur la solidarité intergénérationnelle, face au défi démographique et à la montée du chômage. Le système français a mieux résisté que les nombreux dispositifs initiés par la Banque Mondiale et appliqués chez un grand nombre de nos voisins européens.

La crise financière a démontré l’extrême fragilité de la capitalisation. La chute des rendements financiers a contraint nombre de pays à réviser à la baisse le montant des pensions et à envisager de ce fait le recul de l’âge de la retraite.

Si nous reconnaissons la nécessité d’adapter les recettes et les dépenses, nous considérons que des solutions existent. Nous les avons évoquées et démontrées.
La crise ne doit pas nous conduire à un repli sur l’individualisme ou à un conflit de génération ou de régime.
On ne peut que s’étonner de constater que la crise financière n’a pas servi de leçon à ceux qui prônent encore le développement des systèmes de couvertures individuelles.

Les réformes successives qui ont été conduites depuis 1993 ont toujours abouti à faire baisser le taux de remplacement. Nous sommes bien partis pour atteindre des niveaux inférieurs, de bonnes raisons pour refuser ces réformes.

Tenons nous prêts, un futur combat syndical pointe à l’horizon. A nous de démontrer notre engagement et notre faculté à se mobiliser pour faire échec aux propositions du gouvernement et du patronat. Vive Force Ouvrière.